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LA VIE DES VILLES - MEAUX 77 Une formule original de lutte contre l'échec scolaire à Beauval.
QUAND LES ARTISTES FONT AIMER L'ECOLE Pourquoi devient-on un cancre ? Pourquoi n'a-t-on pas envie d'apprendre ? Loin des réponses toutes faites à coups de problème de math et de grammaire, se sont ces questions que s'est posée l'équipe de soutien scolaire qui a travaillé toute l'année avec les groupes Compayré I et II, à Beauval. Ce projet inédit s'appuie sur trois volets. Un travail avec des enseignants pour reformuler la leçon mal comprise et apprendre en s'amusant, mais aussi, et c'est là toute l'originalité de l'entreprise, un travail avec des artistes de l'association le Roseau. Dernier volet, tout aussi primordial : un travail de suivi avec des parents, assuré par une conseillère en économie sociale et familiale (lire l'encadré). Une trentaine d'enfants de sept à neuf ans en ont bénéficié. Le résultat de leur travail est affiché au grand jour, sous la forme d'une exposition d'œuvres, au centre social municipal Charles-Cros. Au mur, une galerie de monstres colorés, sympathiques ou effrayants, mais aussi des bâtons de parole. Ils retracent tout ce qui a été réalisé depuis le mois de novembre avec Nathalie Krajcik, plasticienne, et Marie-Jeanne Ropé, conteuse. " Pas de bonnet d'âne " " Ces interventions associées à un suivi pédagogique permettent de retrouver le goût d'être actif à l'école. Ces enfants sont parfois devenus leader dans certaines disciplines ", se réjouit Nathalie Krajcik, par ailleurs directrice du Roseau. S'il est évident que le conte développe l'imagination, il permet aussi d'enrichir son vocabulaire, d'être attentif à la position d'un mot dans une phrase. Le même constat s'applique aux arts plastiques. " Petit à petit les enfants construisent des espaces imaginaires qui leur son propres ", a constaté Nathalie. Le gros avantage de l'art est qu'il est neutre pour l'enfant. " Ici, ils ne viennent pas dans des séances de rattrapage, ils n'on pas de bonnet d'âne. Nous, artistes, n'avons pas de fonction de sanctionnant, on ne table ni sur la réussite, ni sur l'échec "., poursuit la plasticienne. Les résultats de ce soutien scolaire pas comme les autres sont spectaculaires. Soixante pour cent des gamins en on profité sur tous les tableaux, que se soit au niveau comportemental ou pour les résultats scolaires. Pour 20%, on note un progrès comportemental notable et cela pourrait dans le futur se traduire par une amélioration des notes. Pour 15%, cela se traduit par un progrès comportemental uniquement. Seulement 5% des enfants n'ont pas adhéré au projet. L'an prochain, le Roseau ira planter ses racines dans d'autres quartiers. Des projets sont en cours à Alain I et Val -Fleuri ainsi qu'au Collège Beaumarchais, voire à Melun. " Mais, estime Nathalie Krajcik, cela pourrait aussi bien marcher dans les lycées. Laurence VOYER LA MARNE - JEUDI 26 OCTOBRE 2000 Rendre aux enfants le goût de l'imaginaire Faire du conte un mode d'apprentissage de la vie en société et amener les enfants à communiquer le plus possible, tel est l'objectif de l'association Le Roseau, sous l'impulsion de Nathalie Krajcik. L'accompagnement scolaire est l'un des principaux enjeux de Nathalie Krajcik qui travaille pour le compte de l'association Le Roseau, dont la vocation est de proposer des activités artistiques sous l'angle de l'art-thérapie. En fait, Nathalie Krajcik intervient en tant que conteuse dans les établissements scolaires, les centres de loisirs et d'une manière générale dans toutes les structures fréquentées par la jeunesse. Son objectif : rendre aux enfants le sens de l'imaginaire et du dialogue en les amenant à créer des chorégraphies, des scénarios, des poèmes… et surtout en leur donnant le goût de la découverte d'autres cultures et de la rencontre d'autres jeunes. Il s'agit d'aider des enfants particulièrement introvertis à sortir progressivement de leur coquille, à s'exprimer de plus en plus facilement et à se libérer d'un blocage qui finit par altérer leur développement psychologique. Alors, pour lutter contre cet état de fait, Nathalie Krajcik utilise la tradition orale du conte. " J'entraîne les enfants dans l'univers du conte mais je fais en sorte qu'ils ne soient pas simplement consommateurs des histoires que je leur raconte. Je les invite à créer, je les encourage à construire une trame, à mettre en scène des personnages tout droit sortis de leur imagination, je les incite à modeler un récit que je les laisse inventer et que je recentre si nécessaire " raconte Nathalie Krajcik qui ajoute : "parfois certains sont en panne d'inspiration, alors je les aide à contourner l'obstacle et le travail se prolonge dans un entraînement mutuel ". A l'école du Val-fleuri, ainsi qu'à l'école Alain, l'association Le Roseau a mené des expériences d'accompagnement scolaire tout à fait concluantes. Des expériences au parfum de voyage à travers le monde et les différentes cultures que compte la planète. Michel COLSON Meaux le journal n°35 - Janv / Févr 2002 LE POUVOIR DU CONTE A la fois récit d'initiation et quête du merveilleux, le conte fait ces temps-ci un retour en force remarqué. L'association meldoise 'Le Roseau " n'a pourtant pas attendu le succès d'Harry Potter pour mettre le pouvoir du conte au service des enfants. Elfes, lutins, gnomes, chevaliers, bergères, paysan, animaux qui parlent, objets qui pensent… l'univers du conte ne connaît pas de limites. Fruit d'une longue tradition orale, il raconte bien souvent des histoires de difficultés surmontées d'épreuves vaincues grâce à l'ingéniosité du héros, à son courage mais aussi grâce à l'aide que lui apportent les gens qu'il croise sur son chemin. On a peur, on a froid, on a faim mais on rencontre la gentillesse, la générosité et, finalement on en sort mûri et apaisé. C'est pourquoi, loin de constituer une simple distraction, le conte permet à l'enfant de se structurer. Il lui apprend à vaincre ces craintes et, tout simplement, à grandir. Tout cela, Nathalie Krajcik le sait par cœur. L'association qu'elle a fondé, Le Roseau, se donne pour but d'apprendre aux enfants la vie en société grâce au conte. La jeune femme, conteuse de son état, intervient dans les établissements scolaires, les bibliothèques ou les centres de loisirs. Son objectif : rendre aux enfants le sens de l'imaginaire et du dialogue en les amenant à créer des scénarios, des poèmes ou des chorégraphies. " J'entraîne les enfants dans l'univers du conte mais je fais en sorte qu'ils ne soient pas simplement consommateurs des histoires que je raconte. Je les invite à créer, je les encourage à construire une trame, à mettre en scène des personnages tout droit sortis de leur imagination. Si jamais ils tombent en panne d'inspiration, je les aide à contourner l'obstacle. " explique Nathalie Krajcik. Cette forme originale de soutien scolaire a prouvé ses vertus. Grâce au conte, des enfants particulièrement introvertis parviennent à sortir de leur coquille. Ils apprennent à s'exprimer de plus en plus facilement et se libèrent ainsi d'un blocage qui aurait fini par entraver leur développement. Tous découvrent aussi le goût d'autres cultures (ou celui de la leur qu'ils ignoraient !) et l'intérêt de la rencontre avec autrui. Le bénéfice pédagogique du conte sur l'enfant est immense. " S'il est évident que le conte développe l'imagination, il permet aussi d'enrichir son vocabulaire, d'être attentif à la position d'un mot dans une phrase. De plus, le conte donne aux enfants le sentiment d'être entendus. Il amène de la confiance en soi et apprend à ne pas avoir peur de ses émotions. En fait, il parle de la vie. " ajoute la fondatrice du Roseau qui continue d'intervenir dans les écoles de Meaux et de toute l'Ile de France. Et comme il n'y a pas de contes sans conteurs, l'association assure également des stages de formation au conte. Eh oui, conter, c'est tout un métier ! Raconter des belles histoires à vos enfants, emmenez-les écouter des conteurs, vous ne le regretterez pas. D'ailleurs, vous serez probablement captivés vous-mêmes par ce spectacle pour toutes les oreilles. Alors, ne tardez plus, embarquez-vous pour ce beau voyage. Il était une fois… Le Parisien - LA VIE DES VILLES - Champs 77- A Paul-Langevin et aux Deux-Parcs Des contes rythmeront les repas des enfants Renouer le lien social dans des quartiers plus difficiles que d'autres, faire rêver les enfants, leur parler un langage à la foir soutenu et compréhensible, développer l'imaginaire. A travers le conte, la ville veut remplir tous ces objectifs auprès des groupes scolaires et centres de loisirs Paul Langevin et des Deux-Parcs. /…Le conte est un bon moyen d'y parvenir. Au mois de mai, nous organiserons des veillées contes dans les centres de loisirs avec les parents, autour d'un professionnel ", explique Dominique Motte. Le directeur des affaires culturelles a sollicité deux associations pour ce projet : Le Roseau à Meaux (voir encadré) et la Bao Acou à Paris. Reflet des identités Dès ce mois-ci les animateurs appliqueront à l'heure du déjeuner de la cantine et dans les centres de loisirs ce qu'ils auront appris. Le Roseau se charge de la respiration de l'articulation et de l'interprétation /… Le projet durera deux ans. Les enfants ne se contenteront pas d'écouter les histoires. Ils s'activeront aussi dans des ateliers d'écriture ou à la réalisation de décors pour les veillées de contes. Reflétant le brassage ethnique de Paul-Langevin et des Deux Parcs, la ville veut diversifier les contes dans des traditions tout autant françaises qu'africaines ou maghrébines. " Un moyen de muscler l'imaginaire " Nathalie Krajcik se charge de la première des trois journées de formations des animateurs. Cette sculpteuse de 32 ans s'est plongée dans le conte il y a deux ans et son association Le Roseau, basée à Meaux, regroupe une vingtaine d'artistes professionnels dans les domaines des arts plastiques, de la vidéo, de la clownerie, de la prise de son et du conte. Nathalie juge l'initiative de Champs novatrice. " Les volontés politiques de renouer le lien social à travers le conte sont rates ". La directrice du Roseau estime que " ce temps de plaisir partagé permet pourtant de faire de la prévention sans être didactique. Le conte donne aux enfants le sentiment d'être entendu, apporte de la confiance et montre que l'on a pas peur de ses émotions ". Le 10 novembre, premier jour de formation, les animateurs arriveront avec plusieurs contes. Nathalie leur apprendra comment respirer, articuler, raconter une histoire sans se disperser. Elle testera leur facilité à prononcer vite et bien " L'eau du lac avala la cavale du Valac la cavale du Valac avala l'eau du lac ". La jeune femme sourit. " Que l'on chuchote ou que l'on crie, il faut être compris. J'espère qu'ensuite les animateurs travailleront le conte, en liront un maximum. Il muscle l'imaginaire et parle de la vie. Les enfants écoutent en groupe, bouche bée, ils réagissent aussi." L'artiste n'a pas de recette de l'histoire qui marche à tous les coups . " Il faut s'approprier les personnages, improviser. Peu importe l'histoire. " V.R LA MARNE - JEUDI 24 MAI 2001 Un souffle de fraternité au pays des contes ! Le mardi 15 mai, Mary-sur-Marne a ouvert ses portes au festival " Mai joli mois du conte " 2001. Une manifestation culturelle qui vient au public jusque dans nos campagnes. Une centaine d'habitants, petits et grands ont montré leur engouement pour le conte en venant écouter ces contes de fraternité. Même les plus petits ont trouvé leur place dans les bras de leur maman. Les regards sont suspendus, les bouches entrouvertes se nourrissent à l'invisible table des mots. La parole des deux conteuses : Catherine Deboffe et Nathalie Krajcik égrènent les aventures à rebondissement d'animaux curieux et grands voyageurs. De petites phrases s'intercalent entre les contes comme des éclats d'humanité : " Un sourire, coûte moins cher que l'électricité, mais donne autant de lumière " (de l'abbé Pierre). Les contes de fraternité invitent le voyageur vers un autre regard. Que la traversée soit quotidienne ou merveilleuse, elle est toujours singulière ! La fête de la grande table s'est poursuivie par un goûter généreusement préparé par la municipalité. Le Conseil Général, la Communauté des communes du Pays de l'Ourcq et l'association Le Roseau ont veillé à ce que tous les appétits soient comblés : il y avait à voir, à entendre, à goûter et à partager… Nous souhaitons une longue vie au festival en famille. LA MARNE - JEUDI 14 JUIN 2001 Il était une fois… Un conte En ces derniers jours de mai où le soleil était au beau fixe et les températures largement estivales, les enfant de Vendrest on malgré tout résisté à l'envie d'aller courir dans les prairies, préférant s'enfermer dans la salle des fêtes en compagnie de quelques adultes, dont le maire Jacques Dussieu et des représentants de la vie associative locale. Ce samedi 26 mai après-midi, on aurait même pu entendre une mouche voler tellement les bambins burent les paroles d'une certaine Nathalie Krajcik. Avec son charmant accent québécois, son œil malicieux et son imagination débordante, la jeune femme n'eu aucun mal à envoûter le public… Il faut dire qu'elle en connaît un rayon en la matière puisqu'elle est conteuse. Alors, les histoires, elle sait mieux que personne les raconter. Et cet après-midi-là, elle a su faire croire à ses jeunes spectateurs qu'ils étaient quelque part dans le Grand Nord, le froid et la neige et non plus en Seine et Marne, à Vendrest, dans une chaleur étouffante. Comme quoi, lorsque l'on est doté d'un don comme celui de Nathalie, c'est un peu comme si l'on avait de l'or dans les mains. Avec quelques mots magiques, le public a voyagé, a fait fonctionner son imaginaire. N'est-ce pas là le plus beau des voyages ? A en croire les applaudissements des enfants… et des grands, il semblerait bien que oui ! Toujours est-il que Nathalie Krajcik, qui représentait l'association " Le Roseau ", clôtura en beauté la série de soirées et après-midi contes organisés dans le canton à l'initiative de la communauté de communes, du Conseil général, des communes accueillantes et bien entendu du Roseau. A l'issue de cette dernière histoire, chacun apprécia le goûter offert par la commune de Vendrest et n'hésita pas à réclamer un peu de " rab " à une sacrée conteuse. UNE RENCONTRE - Paris, Juillet 2002 "Nathalie a quelque chose comme le bon vin nouveau, fruité et franc, clair et doux. L’accent qui monte par vagues comme le soleil après l’averse. Le regard qui chemine droit et tranquille vers le cœur des choses et des gens.” Michel Hindenoch A PROPOS DE L'ŒIL BLEU DE LA BALEINE - Paris, Février 2003 Une branche nue. Un cercle de lumière. Deux couleurs. Le jaune chaud des lampes à huile à l'intérieur de l'igloo. Le bleu des grands extérieurs froids de neige et d'eau. C'est ainsi, dans ce décor, que Nathalie Krajcik, le tambour en bandoulière, nous fait pénétrer en territoire inuit. Dès le premier mot, la conteuse nous emmène sur la banquise, dans un monde de feu et de glace. Spectateurs, nous cessons de nous promener à la lisière des histoires pour les vivre de l'intérieur, tout en souhaitant que jamais cela ne s'arrête. Nous reniflons la brise avec les loups, regardons avec les yeux du jeune élan, ou rions encore avec l'espiègle chabotte de ses bonnes farces. Enfin, nous nous asseyons tranquillement au fond de l'igloo, avec la grand-mère, pour repriser le cuir des pièges et la peau des kamiks du geste lent de ceux qui ont le savoir. Nathalie nous fait partir dans un grand voyage, le plus beau qui soit, lorsque l'esprit lâche et que le corps tout entier est invité. On ne peut s'empêcher de penser que si un inuit venait à écouter ces histoires, il reconnaîtrait certainement, dans la façon de raconter de Nathalie, un esprit fidèle et proche de son peuple, quelque part dans ses pas, dans ses chants, dans son rire. Selon les inuits, l'œil bleu de la baleine a rêvé l'homme lors du cinquième rêve qui a achevé la création. Mais à quoi rêve l'homme, nous demande alors la conteuse ? Peut-être rêve-t-il justement de ce monde des premiers âges, d'étendues immenses, de vent et de liberté, d'une vie aussi intense et absolue que les éléments qui la composent ? Virginie Reiffsteck |